UTILE À SAVOIR


Ce blog est alimenté par Jacques Lefebvre-Linetzky. Commentaires et retours bienvenus.


vendredi 19 juin 2020

ANNE SLACIK, L'ABSTRACTION FERVENTE


© Anne Slacik, DR. 

« L’art n’est pas une vision ni un reflet de la réalité de la vie, il est une réponse à la réalité. » Tadeusz Kantor



La pente de la rêverie 3, 130 x 130 cm, 2016.
© Anne Slacik, DR. Image empruntée ici

« La peinture continue. La peinture n’en a jamais fini. Nous n’en avons jamais fini avec la peinture. Elle est. Elle s’ouvre aussi à ce qu’elle n’est pas encore. Elle s’infinit. Il s’agit pour l’artiste et le regardeur de peindre encore, de faire et défaire la peinture, nouer et dénouer la lumière et les couleurs. Une épiphanie. Ce qui reste à peindre, ce qui vient. »

Jean-Gabriel Cosculluela, janvier 2020 - Catalogue numérique de l’exposition, Les couleurs du blanc, Peintures 2009-2020, Galerie Papiers d’Art, 2020.



Orange de mars, 200 x 200 cm, 2015.
© Anne Slacik, DR. Image empruntée ici 

Anne Slacik

Anne Slacik est née en 1959 à Narbonne. Elle vit et travaille à Saint-Denis et dans le Gard. Elle a obtenu le prix de peinture de la Fondation Fénéon en 1991.
Depuis 1981 de nombreuses expositions personnelles ont été consacrées à son travail, notamment au Centre d’Art de Gennevilliers, au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, à la Bibliothèque du Carré d’Art de Nîmes, au Musée Pierre-André Benoit d’Alès, à la Bibliothèque Municipale de Strasbourg, au Musée de Gap, au Musée Stéphane Mallarmé à Vulaines-sur-Seine et au Musée de Melun en région parisienne.
En 2012, le Musée d’Art et d’Histoire de Saint-Denis, associé au Château-musée du Cayla dans le Tarn a consacré une grande exposition à son travail avec l’édition d’une monographie, accompagnée de textes de Bernard Noël chez IAC-Ceysson.
En 2013, expositions personnelles au Musée Ingres à Montauban, au Musée Rimbaud à Charleville-Mézières et au Musée de l’Ardenne, ainsi qu’à la galerie Julio Gonzalez à Arcueil.
En 2014, la Bibliothèque Forney, bibliothèque historique de la Ville de Paris a présenté ses livres peints et un ensemble de toiles.
En 2015, sept lieux d’expositions dans les Yvelines dont le Musée National de Port-Royal des Champs, se sont réunis pour présenter différents aspects de son travail. À cette occasion, une nouvelle monographie a été éditée chez IAC-Ceysson.
En 2016 et 2017, son travail a été exposé à la Maison Victor Hugo à Paris dans le cadre de l’exposition, « La Pente de la rêverie » et a fait l’objet d’une exposition personnelle au Musée de Périgueux.
En 2018, le Musée Paul Valéry de Sète a organisé une exposition de son travail, Petits Poèmes Abstraits, où ont été exposés de grandes peintures et des livres peints.
En 2019, exposition de grandes peintures, L’eau et les rêves, au Centre d’Art Contemporain de Bédarieux et la même année, la Bibliothèque du Carré d’Art de Nîmes, a exposé l’installation, « Excepté peut-être une constellation », à l’occasion de l’acquisition de la collection des 130 livres manuscrits-peints. »
En octobre 2020 – mars 2021, Le Manoir Michel Butor à Lucinges exposera « La Bohème est au bord de la merPeintures et livres peints »
Son travail est représenté par la galerie Convergences et la galerie Papiers d’Art à Paris, la galerie HCE à Saint-Denis, la galerie Artenostrum à Dieulefit, la galerie Samira Cambie à Montpellier, la galerie Adoue de Nabias à Nîmes, la galerie La Manufacture à La Rochelle,  et la galerie Monos Art Gallery à Liège en Belgique. Ces galeries lui consacrent régulièrement des expositions personnelles. La librairie Artbiblio à Paris représente ses livres peints.

Source : Catalogue numérique de l’exposition, Les couleurs du blanc, Peintures 2009-2020, Galerie Papiers d’Art, 2020.

dimanche 7 juin 2020

ALAIN KLEINMANN, UN NOUVEL ÉCRIN





© Alain Kleinmann, DR. 

Un peintre de l'essentiel

Alain Kleinmann est un peintre de l’essentiel, il sculpte des visages perdus, il pétrit la matière du temps qui passe, il célèbre les ocres et les rouges, il chante le blanc. Sa production est foisonnante, magnétique, unique.

Un nouveau site officiel



© Alain Kleinmann, DR. 

Il vient de donner une nouvelle vie à son site. Cela permet au visiteur de dialoguer avec le peintre et de découvrir la richesse de son œuvre. En ouverture, sur la page d’accueil, défilent les citations de personnalités qui été conquises par son travail. Louis Aragon, Amos Oz, Elie Wiesel, Vladimir Jankélévitch et Marcel Marceau reconnaissent en Alain Kleinmann, un artiste d’exception. 



© Alain Kleinmann, DR. 




© INA

La citation qui me touche le plus est celle de Marcel Marceau :

"Alain Kleinmann est un grand peintre dont la révélation nous fait toucher du doigt l'essence même de notre existence éphémère."


Sculpteur du geste, Marcel Marceau excellait dans la représentation de l’éphémère en quête d’éternité…


mardi 2 juin 2020

MARIE-LAURENCE LAMY, L'ART EST LA MATIÈRE DE NOS RÊVES







Au détour du chemin

Cela faisait pas mal de temps que cela me trottait dans la tête. Tous mes amis me disaient que je devrais ouvrir un compte Instagram. Plutôt méfiant envers les réseaux sociaux, je freinais des quatre fers depuis des années.
Il y a une quinzaine de jours, je me suis décidé et j’ai découvert un monde merveilleux où même les publicités sont agréables à suivre. Mon utilisation était plutôt basique au début, mais très vite j’ai voyagé d’une image à l’autre, d’un peintre à l’autre. J’ai commencé à tisser ma toile et j’ai découvert des artistes qui rejoignent mes intérêts et mes interrogations. Je ne me satisfais pas de « liker », j’essaie de construire un petit commentaire et j’établis des relations privilégiées avec des personnes qui me sont totalement inconnues. On me propose de rendre visite à d’autres artistes proches de mes goûts et de mes choix artistiques – c’est classique sur la Toile. Je n’ai pas encore, loin de là, épuisé toutes les ressources de cet outil précieux. J’aime ces découvertes au détour du chemin ; elles sont enrichissantes et elles nourrissent mes propres recherches.
J’ai pu mesurer la popularité du carton, ce matériau que j’affectionne particulièrement et dont je vous ai parlé il y a quelque temps sur ce même blog. 

Pour lire le billet de blog intitulé Carton plein, cliquez ici

Le carton est matière et texture, il a une place privilégiée dans le monde du collage depuis les premiers essais de Braque et Picasso dès 1912. Il a alimenté les recherches de Kurt Schwitters qui lui-même a influencé Robert Rauschenberg dans sa série, Cardboard, (1971-1972).



Bouteille et instruments de musique, Georges Braque, 1918.
Image empruntée ici



Verre et bouteille de Suze, Pablo Picasso, 1912.
Image empruntée ici





Nabisco Shredded Wheat, Robert Rauschenberg, 
177,8 x 241,3 cm, 1971.
Image empruntée ici

samedi 21 mars 2020

MAURO MAUGLIANI, UNE EXIGENCE LYRIQUE

L’art ne reproduit pas le visible, 
il rend visible l’invisible. 
Paul Klee

En ces temps de confinement, j’ai vous propose de nouvelles promenades du regard. J’ai été quelque peu silencieux depuis le début de l’année - de nombreux engagements m’ont accaparé. La semaine dernière, j’ai écrit un billet de blog à propos de la belle exposition de Luli Barzman, Legato, au centre culturel de La Providence à Nice. L’exposition a été annulée depuis et j’espère pouvoir vous inviter à la découvrir, une fois que nous aurons surmonté cette épreuve. Le billet de blog est prêt, mais pour l’instant, il ne sera pas diffusé.

Le monde a basculé, les tourterelles nous rendent visite et les goélands ont remplacé les avions. Les branches des arbres frémissent dans le silence des hommes. La Méditerranée est vide, étrangement plate.

Au fil de mes billets de blogs, je vous ai souvent parlé de ma passion pour le dessin, une passion qui remonte à ma plus tendre enfance – cette expression ne cesse de m’intriguer. On parle de la tendresse de l’enfance et de la tendreté du crayon. J’ai une préférence pour le HB qui se situe au milieu de l’échelle, ni trop tendre, ni trop dur. Mais j’aime également la dense minéralité du 9B.



Image empruntée ici

Hommage à Léonard de Vinci

En novembre 2019, je me suis rendu à l’Espace Lympia (52, boulevard Stalingrad, 06300 Nice) pour participer à une visite guidée animée par l’artiste Mauro Maugliani. Cet espace culturel, géré par le département des Alpes-Maritimes, est en fait l’ancien bagne – pour découvrir l’histoire du site, cliquez sur ce lien.



L’exposition était un hommage au travail de Léonard de Vinci et le titre choisi par l’artiste, Contamination, était quelque peu énigmatique. Le terme prend aujourd’hui une signification encore plus étrange au regard de la redoutable pandémie à laquelle nous devons faire face.



Présentation vidéo, Mauro Maugliani
©  photo: Jacques Lefebvre-Linetzky


L’hommage à Léonard n’est jamais appuyé, il s’agit pour l’artiste de souligner une influence, une filiation secrète qui célèbre le travail à la pointe d’argent, technique héritée de la Renaissance. Mauro Maugliani présente également des peintures à l’huile et des acryliques où il télescope les deux périodes, créant ainsi des ruptures esthétiques. Ce sont des toiles inscrites à la fois dans la modernité et dans le passé artistique glorieux du pays de cet artiste à la maîtrise impressionnante.




Mauro Maugliani
© photo: Jacques Lefebvre-Linetzky




La Cène, Léonard de Vinci,  1595/1598



Temptations, Mauro Maugliani
© photo: Jacques Lefebvre-Linetzky



Saint Jérôme écrivant, Le Caravage, 1605/1606
Image empruntée ici

vendredi 13 mars 2020

LULI BARZMAN, UNE CHORÉGRAPHIE DE SILHOUETTES ET DE COULEURS

Souvenirs, souvenirs...



La Porte Fausse, image empruntée ici

Je me souviens de ma première découverte du Vieux-Nice, c’était en septembre 1958.
Je me souviens de la rue du Marché et de sa Porte Fausse – je ne comprenais pas trop ce que cela signifiait.
Je me souviens d’une mendiante en haillons qui officiait sur les marches.
Je me souviens de l’odeur des tripes.
Je me souviens du stockfish qui n'est pas une spécialité britannique.
Je me souviens d’un grouillement constant.
Je me souviens des clameurs et des invectives en nissart.
C’était un temps où le Vieux-Nice était délabré.
Pourtant, régulièrement, des immeubles étaient ravalés.
Je me souviens des échafaudages en bois.
Je me souviens du chanteur qui chantait Brel pour les clients du restaurant l’Écurie. 
Je me souviens de l’ancien coureur cycliste qui sifflait en travaillant.
Je me souviens de la place Rossetti déserte où je virevoltais sur mes patins à roulettes.

Je suis désormais une valise à souvenirs. Je me promène dans la vieille ville en y superposant mon regard d’enfant. C’était il y a bien longtemps, c’était hier, c’est aujourd’hui.

Le Centre Culturel La Providence à Nice



© JL + L



© JL + L



La semaine dernière, je me suis rendu à la Providence, un lieu chargé d’histoire situé en contrebas de la colline du Château. Il s’agit d’un ancien couvent et d’une église qui, au début du 19e siècle, hébergea des jeunes filles abandonnées, œuvre à l’initiative d’Eugène Spitalieri de Cessole. On leur enseignait la religion, la morale et des rudiments d’instruction. Elles furent nommées les Filles de la Providence et le lieu devint la Providence. Bien plus tard, l’association La Semeuse, s’y installa. C’est désormais un lieu de pratique culturelle et artistique. Cet établissement a été récemment rénové et il a un charme indéfinissable. C’est un lieu d’expositions, un théâtre et une église baroque. Lorsqu’on s’y rend, on y chuchote, malgré soi, sous le regard des statues. L’orgue et les autels attestent également du passé religieux du site. Lieu d’exposition acrobatique en raison de la hauteur sous plafond; il est un défi de taille pour qui veut y exposer ses œuvres. Mais c’est une belle récompense une fois l’accrochage terminé car ce télescopage temporel crée une alchimie tout à fait exceptionnelle.
Il y a quelques années, je vous avais conviés à venir admirer les photographies de Luli Barzman - une série emballante d'emballages. Pour consulter le billet de blog consacré à cette exposition de 2015, c'est ici

jeudi 2 janvier 2020

DES BOUTS DE BOIS POUR SALUER 2020









© Jacques Lefebvre-Linetzky, photographie,  2019

Ça s'en va et ça revient... 

Ça s’en va et ça revient, c’est comme une chanson populaire… vous connaissez la chanson. L’an neuf est donc revenu avec ses espoirs et ses incertitudes, ses trouées de lumières et ses ténèbres abyssales, ses colères et ses plages de sérénité, ses voyages imaginaires, ses découvertes et ses voyages immobiles. Je vous souhaite une année « apaisée », des douceurs et des rêves voluptueux ; je vous souhaite une année où perlent des rires d’enfant ; je vous souhaite une année de partages, de complicités ; je vous souhaite une année plus sage et moins folle. Ça marche aussi dans l’autre sens, je vous souhaite donc une année plus folle et moins sage. La sagesse populaire parle de folie douce.


La magie des morceaux de bois et autres branchages



© Jacques Lefebvre-Linetzky, photographie, 2019

Pour ouvrir cette année, je vais vous parler d’une passion qui m’habite depuis longtemps, depuis vraisemblablement lors de mes balades dans les forêts du Jura lorsque j’avais 7 ou 8 ans. Cela ne date pas d’hier, je vous le concède. J’aime ramasser des morceaux de bois, observer leur écorce, suivre les sinuosités de leur « peau rugueuse », me perdre dans les méandres torsadés qui vrillent leur corps mutilé. Ils sont le plus souvent brisés par le vent ou la tempête. Ces brisures sont à la fois le signe d’une finitude et l’annonce d’un je-ne-sais-quoi, comme disait le philosophe mélomane. C’est un peu comme une année qui se termine, vite remplacée par la suivante. Je continue à ramasser ces bouts de bois et à les admirer comme des sculptures imaginées par quelque artiste un peu foldingue.  Je les photographie, je les mets en scène, je les tourne et les retourne.




© Jacques Lefebvre-Linetzky, 2019